Il faut une révolution pour sortir de la crise !

Publié le par mediadroite.over-blog.com

 

claudereichman3.jpgPar Claude Reichman

 

La France ne sortira de la crise actuelle que lorsqu’il sera évident pour les marchés, c’est-à-dire pour tous ceux qui lui prêtent de l’argent, qu’elle sera capable d’arrêter de creuser sa dette et de commencer à la rembourser. Cela implique une véritable révolution politique, économique et sociale dans notre pays.


Si cette révolution n’a pas lieu, la France est condamnée à une stagnation économique qui provoquera des troubles graves et détruira la société. Le Japon a pu survivre à vingt ans de marasme parce que son endettement est entre les mains de ses citoyens et que ceux-ci sont disciplinés et dociles. Ce n’est pas le cas en France, où la dette est détenue aux deux tiers par des étrangers et où la population est en rupture avec la classe dirigeante.


La révolution qu’il faut faire est avant tout celle de la confiance. Le premier pas vers son rétablissement consiste à arrêter de mentir et de truquer. Prenons deux exemples actuels. Le président de la République, la majorité et les médias nous bassinent avec « la convergence avec l’Allemagne » et publient des comparaisons portant sur la production et la fiscalité qui ont pour but de démontrer que nous ne sommes pas si éloignés que cela des vertus de nos voisins. Malheureusement on omet de nous indiquer que nous avons dix points de PIB de dépenses publiques de plus que l’Allemagne et que revenir à son niveau exige que nous dépensions chaque année 200 milliards d’euros de moins, autrement dit que nous fassions baisser notre train de vie public de 20 % !


Autre exemple, de moindre conséquence mais lourd de signification. En voyage officiel à Moscou, le Premier ministre François Fillon accuse Météo France d’être responsable de la pagaille provoquée par la neige pour n’avoir pas prévu l’ampleur de l’épisode, alors que l’organisme public avait publié des prévisions exactes avec assez d’avance pour que les services de l’Etat prennent les précautions nécessaires. Que peuvent bien penser les citoyens sinon que le gouvernement est aussi lâche qu’incompétent ?


Dire la vérité est le premier pas dans le rétablissement de la confiance. Le second consiste à proposer des mesures crédibles. Il ne sert à rien, sinon à perturber les esprits, de tenter de faire croire qu’avec des réductions homéopathiques du nombre des fonctionnaires ou en ne remboursant plus certains suppositoires on sortira le pays de la crise.


Le problème de la France, c’est qu’elle vit au dessus de ses moyens depuis plus de trente ans et qu’elle est arrivée au moment où elle doit s’imposer une cure énergique de désintoxication aux déficits et à la dette. En même temps, il faut remettre au travail ceux qui ont été jetés au chômage et le gros lot de paresseux et d’entretenus qui vivent aux dépens de l’Etat et des régimes sociaux. Là encore, la vérité une fois dite, il faudra prendre des mesures énergiques et non pas seulement en parler.


Enfin l’indispensable révolution devra redonner aux entrepreneurs la considération et la place qu’ils n’auraient jamais dû perdre. Un chef d’entreprise, aux yeux de l’administration et des énarques qui dirigent la politique, est au mieux un gêneur, au pire un délinquant qui vole l’argent que les travailleurs gagnent à la sueur de leur front. Eh bien c’est exactement le contraire. Un chef d’entreprise est un bienfaiteur de la société. Sans lui, pas de salaires, pas d’impôts, pas de services publics, pas de prestations sociales. Qu’on lui rende hommage et qu’on lui foute la paix. Il n’a envie que d’une chose : travailler et créer de la richesse. Ronald Reagan a gagné la confiance des Américains en le disant, et en le faisant il a redressé son pays. L’Amérique était de retour !

La France aussi peut se redresser. Qu’on écoute enfin ceux qui lui indiquent la voie à suivre et les mesures à prendre, au lieu de n’ouvrir les antennes qu’aux imposteurs et aux escrocs. Là aussi, c’est une révolution qu’il faut faire. Les grands médias seraient bien inspirés de faire preuve de civisme plutôt que de se complaire dans la médiocrité des idées fausses et de la démagogie à la petite semaine. Leur responsabilité est la même que celle des politiciens. Et quand la colère du peuple éclatera, ils se retrouveront tous dans la même charrette !

Claude Reichman pour claudereichman.com

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